Ce qui a permis à l’humain de traverser les crises les plus dévastatrices de son histoire, ce n’est pas sa technologie, c’est sa capacité à créer des liens.
Et, créer des liens, c’est se connecter (pour vrai, donc se déconnecter aussi…), à se parler (échanger, dialoguer, partager… donc écouter, observer aussi), à construire ensemble ce que personne n’aurait pu porter seul. Les liens de sociabilité et de solidarité sont la colonne vertébrale de la vie en organisation. Et quand cette colonne s’affaiblit, c’est tout le corps qui vacille. J’ai beaucoup lu sur le nerf vague en 2025, ça me fait vraiment penser à ces effets en hiérarchie et en transversalité dans le corps comme dans l’organisation. C’est vraiment champ gauche sauf que si vous connaissez un peu, vous comprendrez le lien.
Les fondements humains et la résilience
Quelque chose s’est effrité, doucement, sans qu’on le nomme tout de suite. C’est la faute à la covid! C’est la faute au télétravail! C’est la faute au présentiel! C’est la faute à l’intelligence artificielle! C’est le temsp de se responsabiliser un peu.
Le télétravail a apporté une flexibilité réelle, et avec elle, une solitude qu’on ne nomme pas toujours bien. Les leaders la vivent peut-être le plus intensément, pris entre la performance attendue et l’absence de lieux pour penser à voix haute, pour douter, pour co-construire. Le repli sur soi ne se choisit pas, il s’inflitre de manière incidieuse. Il s’installe, comme une érosion silencieuse qui a des conséquences bien concrètes sur la capacité des organisations à innover, à résoudre, à tenir dans la durée.
La résilience… Et si, c’était un pouvoir de créativité et pas juste une défense face à l’adversité?
La résilience, on en parle beaucoup.
On la présente comme une qualité innée, une force qu’on aurait ou qu’on n’aurait pas. En réalité, elle se pratique. La résilience se nourrit de liens, de friction créatrice, de rencontres où on est obligé de dépasser sa propre pensée pour toucher quelque chose de plus grand. Sans cet entraînement, la résilience reste une intention sans muscles. Et une organisation qui ne crée pas les conditions pour que ses gens se pratiquent à tenir ensemble finit par découvrir cette limite au pire moment, celui où la pression est la plus forte.
C’est une décision stratégique qui va au-delà de la culture d’entreprise. Choisir de cultiver les liens, de créer des espaces où la solidarité se vit et se renforce, c’est choisir la forme de résilience la plus durable qui soit. Pas celle qui s’épuise à encaisser, mais celle qui se renouvelle parce qu’elle puise dans le collectif.
Travailler avec tous ces sens
Le Petit Prince le savait déjà: «On ne voit bien qu’avec le cœur.» Et le cœur, lui, a besoin d’autres cœurs pour s’éveiller. C’est pourquoi dans les cadres collaboratifs, j’essaie toujours d’impliquer les 3H: Head (Tête), Heart (cœur) et Hands (mains). Scoop, les mains savent souvent avant la tête et le cœur, lui comprend aussi avant la tête… mais on laisse tout le pouvoir au monde cérébral.
Les organisations qui l’oublient ne perdent pas seulement en cohésion, elles perdent en capacité de voir ce qui compte vraiment. Lorsque l’on se déconnecte de nos sens collectifs, on perds le contact avec les signaux faibles, les tensions sous la surface, les opportunités que seule une équipe qui se fait confiance peut saisir. Et là, j’ai envie de partir sur la distinction entre travailler en équipe et travailler ensemble (je vous laisse le courage d’y pousser la réflexion).
Je désire créer des espaces conçus pour se pratiquer à être ensemble autrement, à reconstruire les liens qui soutiennent une vraie résilience collective. Dès septembre, à Granby, pour créer un cadre vivant, ancré dans la conviction que ce qui se cultive ensemble résiste mieux que ce qui s’affronte seul.
Quel est ton espace pour réfléchir ensemble, en ce moment? Réponds en commentaire, la réponse en dit souvent plus qu’on ne le pense. Fais-moi signe si tu as de l’intérêt… je refais mon site en ce sens dans les prochaines semaines (oui, je l’ai brisé… il sera bientôt de retour.)
Ce texte a d’abord paru dans mon infolettre LinkedIn B6douze | cadres collaboratifs.