Le microapprentissage, ou microlearning, est devenu une tendance populaire en formation professionnelle, offrant des contenus éducatifs courts et ciblés. Bien qu’il présente des avantages comme la flexibilité et l’accessibilité, ce format n’est pas exempt de critiques: à commencer par la mienne.
Il y a quelques années, j’aurais consommer le microapprentissage comme une boulimique insatiable. Selon moi, ce mode d’apprentissage n’est peut-être pas l’idée du siècle, tout en reconnaissant son potentiel dans certaines situations.
Limites du microapprentissage
Le microapprentissage, par sa nature concise, risque de ne fournir qu’une compréhension superficielle des sujets abordés, surtout avec une vision très subjective de l’application. Ce format bref rend difficile l’exploration de concepts complexes ou l’acquisition de compétences approfondies. Les apprenants peuvent ainsi acquérir des connaissances fragmentées, sans véritable maîtrise du sujet. Je reconnais que pour des objectifs spécifiques et limités, il peut être efficace, notamment pour l’acquisition rapide de compétences pratiques.
Isolés, ces apprentissages peuvent manquer de contexte, essentiel pour une compréhension approfondie. Comme le souligne Maharishi Mahesh Yogi, « le système éducatif actuel fournit la connaissance de l’objet; ce qui lui manque, c’est la connaissance du sujet. Sans la pleine connaissance du connaisseur, toute la structure de la connaissance est comme sans fondement. » Cette citation met en lumière un aspect crucial souvent négligé dans les formats courts : la compréhension de soi-même et du cadre global dans lequel s’inscrit la connaissance. Pour être véritablement efficaces, les microapprentissages doivent s’intégrer dans un parcours éducatif plus large, incluant des réflexions sur le sujet et le contexte.
De plus, ces modules courts, souvent audio seulement, se concentrent souvent sur la mémorisation rapide et l’application immédiate, laissant peu de place à la réflexion critique ou à l’analyse, pourtant essentielles pour résoudre des problèmes complexes et favoriser le développement à long terme. Bien que ces apprentissages puissent fournir des solutions temporaires, ils nécessitent d’être complétés par des réflexions plus profondes. Il me semble qu’ici, cet adage que j’adore résonne: «Être bien avant d’être bon!»
L’accumulation de nombreux microapprentissages peut paradoxalement conduire à une surcharge cognitive. Le fameux hamster, une arborescence de savoirs manquants qui déboulent en cascade. Confrontés à un flot continu d’informations, les apprenants peuvent avoir du mal à organiser ces connaissances de manière cohérente. L’accumulation d’éléments fragmentés peut rendre difficile la construction d’une vue d’ensemble solide. Cependant, bien structurés et intégrés à une stratégie éducative globale, ils peuvent servir d’introduction ou de complément à des formations plus approfondies.
Enfin, les microapprentissages reposent souvent sur des plateformes numériques, ce qui peut créer une dépendance technologique et poser des problèmes d’accessibilité pour certains publics. Toutefois, l’utilisation judicieuse de la technologie peut aussi démocratiser l’accès à la formation, à condition que les outils soient bien conçus et inclusifs.