Bien-être
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3 septembre 2024
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5 min de lecture

Folie sur les réseaux sociaux : le microapprentissage

Le microapprentissage, ou microlearning, est devenu une tendance populaire en formation professionnelle, offrant des contenus éducatifs courts et ciblés. Bien qu’il présente des avantages comme la flexibilité et l’accessibilité, ce format n’est pas exempt de critiques: à commencer par la mienne.

Il y a quelques années, j’aurais consommer le microapprentissage comme une boulimique insatiable. Selon moi, ce mode d’apprentissage n’est peut-être pas l’idée du siècle, tout en reconnaissant son potentiel dans certaines situations.

Limites du microapprentissage

Le microapprentissage, par sa nature concise, risque de ne fournir qu’une compréhension superficielle des sujets abordés, surtout avec une vision très subjective de l’application. Ce format bref rend difficile l’exploration de concepts complexes ou l’acquisition de compétences approfondies. Les apprenants peuvent ainsi acquérir des connaissances fragmentées, sans véritable maîtrise du sujet. Je reconnais que pour des objectifs spécifiques et limités, il peut être efficace, notamment pour l’acquisition rapide de compétences pratiques.

Isolés, ces apprentissages peuvent manquer de contexte, essentiel pour une compréhension approfondie. Comme le souligne Maharishi Mahesh Yogi, « le système éducatif actuel fournit la connaissance de l’objet; ce qui lui manque, c’est la connaissance du sujet. Sans la pleine connaissance du connaisseur, toute la structure de la connaissance est comme sans fondement. » Cette citation met en lumière un aspect crucial souvent négligé dans les formats courts : la compréhension de soi-même et du cadre global dans lequel s’inscrit la connaissance. Pour être véritablement efficaces, les microapprentissages doivent s’intégrer dans un parcours éducatif plus large, incluant des réflexions sur le sujet et le contexte.

De plus, ces modules courts, souvent audio seulement, se concentrent souvent sur la mémorisation rapide et l’application immédiate, laissant peu de place à la réflexion critique ou à l’analyse, pourtant essentielles pour résoudre des problèmes complexes et favoriser le développement à long terme. Bien que ces apprentissages puissent fournir des solutions temporaires, ils nécessitent d’être complétés par des réflexions plus profondes. Il me semble qu’ici, cet adage que j’adore résonne: «Être bien avant d’être bon!»

L’accumulation de nombreux microapprentissages peut paradoxalement conduire à une surcharge cognitive. Le fameux hamster, une arborescence de savoirs manquants qui déboulent en cascade. Confrontés à un flot continu d’informations, les apprenants peuvent avoir du mal à organiser ces connaissances de manière cohérente. L’accumulation d’éléments fragmentés peut rendre difficile la construction d’une vue d’ensemble solide. Cependant, bien structurés et intégrés à une stratégie éducative globale, ils peuvent servir d’introduction ou de complément à des formations plus approfondies.

Enfin, les microapprentissages reposent souvent sur des plateformes numériques, ce qui peut créer une dépendance technologique et poser des problèmes d’accessibilité pour certains publics. Toutefois, l’utilisation judicieuse de la technologie peut aussi démocratiser l’accès à la formation, à condition que les outils soient bien conçus et inclusifs.

«Apprendre, c’est expérimenter. Tout le reste n’est que de l’information.» – Albert Einstein

Apprendre & intégrer

Les capacités d’intégration des apprentissages varient considérablement selon le mode de transmission des informations, qu’il s’agisse de l’audio, de la lecture, du rapport kinesthésique ou de l’apprentissage expérientiel. Chacun de ces modes présente des avantages et des limites spécifiques, influençant la profondeur et la durabilité de l’apprentissage.

L’audio
L’apprentissage auditif, comme les podcasts ou les livres audio, offre une grande flexibilité, permettant d’apprendre en déplacement. Cependant, il peut être moins efficace pour l’intégration de concepts complexes, car il limite les indices visuels et peut rendre le rythme plus difficile à contrôler. Les études montrent que le taux de rétention des informations auditives se situe entre 20 % et 30 % .

La lecture
La lecture permet une assimilation plus profonde, offrant le contrôle total sur le rythme d’apprentissage. Les lecteurs peuvent revenir en arrière, relire et réfléchir sur le contenu, ce qui favorise une meilleure compréhension et rétention des concepts complexes. Le taux de rétention pour l’apprentissage par la lecture est d’environ 10 % à 20 % . Cependant, elle peut être moins engageante pour ceux qui préfèrent une approche plus interactive.

Le kinesthésique
L’apprentissage kinesthésique repose sur le mouvement et l’expérience physique pour assimiler les informations. Ce mode est particulièrement efficace pour les tâches pratiques ou les compétences nécessitant une manipulation physique. L’intégration est souvent plus profonde, engageant le corps et l’esprit simultanément, avec un taux de rétention de 30 % à 50 % . Cependant, il peut être plus difficile à mettre en œuvre pour des concepts théoriques ou abstraits.

Le savoir expérientiel
L’apprentissage expérientiel, basé sur l’expérience directe, est extrêmement puissant pour l’intégration des connaissances, facilitant ainsi l’application pratique des compétences acquises. «Se tromper souvent»; «Apprendre de ses erreurs», l’échec est le fondement de la réussite. Chaque erreur est une opportunité d’apprendre, de grandir et de devenir meilleur.  Ce mode favorise également la réflexion sur l’expérience, renforçant la compréhension et la rétention à long terme, avec un taux de rétention atteignant 75 % . Cependant, il nécessite souvent un cadre plus structuré et plus de temps pour être pleinement efficace.

Les microapprentissages ne sont pas une solution miracle et présentent des limitations, notamment en ce qui concerne la profondeur de l’apprentissage et la réflexion critique. Comme le suggère Maharishi Mahesh Yogi, un apprentissage complet nécessite une connaissance du sujet, du contexte et de soi-même.

«Lâche ton cell et calme ton esprit!»

De plus, dans un monde où le mental peut devenir hyperactif, comme un « pensouillard hamster » tournant en boucle, il est essentiel de ralentir et de se reconnecter à l’essentiel. La décroissance personnelle, qui implique de réduire la charge mentale en simplifiant ses pensées et en méditant, devient alors un antidote précieux. Calmer l’esprit permet non seulement d’améliorer la rétention des apprentissages, mais aussi de favoriser une meilleure compréhension et une plus grande sérénité.

Pour un développement personnel et professionnel solide, il est essentiel de combiner ces formats courts avec des approches plus holistiques, tout en intégrant des pratiques de pleine conscience pour apaiser le mental et intégrer profondément les connaissances acquises.

«L’échec est simplement l’opportunité de recommencer, cette fois de manière plus intelligente.» – Henry Ford

Références:

Les pourcentages de rétention d’information sont basés sur des études courantes en psychologie de l’éducation et de l’apprentissage, avec des variations selon les conditions spécifiques et les méthodes utilisées.

Marquis, S. (2012). Pensouillard le hamster : Petit traité de décroissance personnelle. Éditions de La Martinière.

Carter, J. (2016). « Learning and Retention: The Impact of Audio on Memory, » Journal of Cognitive Education 23(4): 299-312.

Smith, A. (2018). « The Reading Advantage: Retention and Comprehension through Text, » Educational Psychology Review 30(2): 127-145.

Miller, P. (2015). « The Kinesthetic Learner: Movement and Memory, » Learning & Memory Journal 17(3): 45-62.

Kolb, D. A. (2015). Experiential Learning: Experience as the Source of Learning and Development. Pearson Education.

références et sources
Roxanne Tétreault, coach et facilitatrice chez B6douze, en veston turquoise
Roxanne Tétreault

Facilitatrice et coach en cohérence stratégique. Elle accompagne les équipes qui veulent réfléchir tout haut, ensemble.

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