Coaching · Empathie
·
27 novembre 2024
·
5 min de lecture

Écouter pour transformer : l’écoute active et l’écoute pour comprendre

Récemment, j’ai eu des discussions fascinantes avec des gens autour d’un sujet qui peut sembler banal: l’écoute. Nous avons exploré cette idée que l’écoute active n’est pas nécessairement écouter pour comprendre. Bien des formateurs vous diront que c’est faux, qu’écouter activement, c’est toujours comprendre. Mais mon expérience, notamment à travers deux ans dans le programme élite de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, m’a appris le contraire. Et bien souvent, quand je l’explique, on écoute pour me répondre… J’ai découvert que la différence entre les deux est subtile, mais ô combien précieuse. Presque tous les coachs-entraineur de l’EEB que j’ai rencontrés ont insisté sur ce savoir-vivre – pas dans le sens de politesse, mais dans celui du partage, de la présence.

Et dans cette exploration, une vérité a émergé : écouter est un art. Un art d’une puissance immense. Pourtant, nous n’en saisissons pas toujours la portée. Entre l’écoute active et l’écoute pour comprendre, se cache une invitation à soi-même, à se connecter, s’inspirer, se transformer et grandir.

L’écoute active : un mouvement intentionnel

L’écoute active, c’est l’art de ne pas rester passif·ve dans une conversation. Il ne s’agit pas seulement d’entendre ce que l’autre dit, mais d’interagir avec ses mots, ses idées, ses émotions. C’est une danse où l’on cherche à clarifier, reformuler, valider. Ses principes, simples en apparence, peuvent transformer la qualité d’un échange.

Les principes fondamentaux de l’écoute active :

  • Reformuler :
    Montrer que l’on suit, que l’on comprend. Dire : « Si je comprends bien, tu veux dire que… » permet à l’autre de se sentir entendu·e, mais aussi de préciser.
  • Poser des questions ouvertes :
    Stimuler la réflexion. Plutôt que « Es-tu satisfait·e ? », préférez : « Comment te sens-tu par rapport à ça? »
  • Valider les émotions :
    Reconnaître l’expérience de l’autre, même sans être d’accord. Par exemple : « Ça semble frustrant » ou « Je comprends pourquoi ça te touche autant. »

Créer l’espace pour cette écoute :

  • Présence totale :
    Mettre distractions et jugements de côté. Soyez là, pleinement.
  • Réagir consciemment :
    Par des gestes simples (hochements de tête, murmures d’encouragement), montrer que vous êtes engagé·e.
  • Respecter le rythme de l’autre :
    Parfois, l’autre a juste besoin d’un peu de silence pour poser ses pensées.

Mais attention. L’écoute active peut devenir mécanique. Elle peut glisser dans une routine où l’on reformule, pose des questions, non pas par curiosité, mais par automatisme. Écoutez-vous pour répondre ou pour permettre à l’autre d’être pleinement entendu·e?

Et disons-le franchement : dans l’écoute active, nous écoutons souvent avec nos filtres, nos intentions, nos agendas. Ce n’est pas un mal en soi, et cette posture peut avoir ses limites. Car lorsque notre intention est centrée sur ce que nous allons dire ou faire ensuite, il est difficile de laisser pleinement l’autre exister.

« L’écoute active crée des connexions humaines plus profondes et une compréhension plus riche. »

– Simon Sinek

L’écoute pour comprendre: la profondeur humaine

Écouter pour transformer | Photo de Toa Heftiba sur UnsplashÉcouter pour comprendre, c’est autre chose. Ce n’est pas seulement entendre les mots, mais chercher à résonner avec l’autre, à capter ce qui se cache derrière les mots et même les silences. C’est une écoute vulnérable, humble, et profondément humaine. Une écoute qui invite à être avec l’autre, sans autre objectif que de comprendre.

Les piliers de cette écoute:

  • Empathie radicale
    Ressentir avec l’autre, et non pas seulement comprendre intellectuellement. Demandez-vous : « Et si j’étais à sa place, que ressentirais-je ? »
  • Silence puissant
    Ici, le silence n’est pas un vide, mais un espace. Un lieu où l’autre peut ajuster ses pensées, déployer ses vérités.
  • Absence de jugement
    Être un miroir clair, sans projeter, interpréter ou corriger. Accueillir ce qui est, tel que c’est, point.

Comment cultiver cette écoute?

  • Lâcher le besoin de réponse
    Laisser tomber l’envie de régler un problème ou de trouver une solution. Se concentrer uniquement sur ce qui est partagé.
  • Créer un espace sûr
    Faire sentir à l’autre qu’il ou elle peut s’exprimer sans peur d’être jugé·e ou interrompu·e.
  • Laisser résonner
    Parfois, un simple « Je te comprends » ou même un silence empathique peut suffire.

Rémi Tremblay m’a un jour enseigné une leçon précieuse : «Écoute. Écoute. Écoute. Écoute tellement que ça te rentre en dedans, retourne à l’autre pour te revenir.» Cette écoute-là, celle qui résonne en nous, ne cherche pas à répondre. Elle se contente d’être.

 

« La plupart des gens n’écoutent pas avec l’intention de comprendre, mais avec l’intention de répondre. »

– Stephen R. Covey

Quand l’écoute devient un levier de transformation

Dans les moments de vulnérabilité ou de douleur, écouter pour comprendre devient un véritable levier de transformation. Ce n’est pas une méthode, mais une posture. Une invitation à suivre l’autre dans son courant, sans chercher à le diriger. Comme le dit Simon Sinek : « Les grands leaders écoutent pour comprendre, pas pour répondre. »

Mais ce type d’écoute demande du courage. Sommes-nous prêt·e·s à laisser notre ego de côté ? Sommes-nous capable de ne pas intervenir, même quand l’envie de parler nous démange ? Écouter pour comprendre, c’est accepter qu’être là, pleinement présent·e, suffit parfois.

Un art à réapprendre

Écouter, vraiment écouter, est un acte disruptif. Dans un monde où tout le monde veut parler, ralentir pour plonger dans l’essentiel devient une rébellion. Et là, ne prenez pas cette idée avec une posture rationnelle (« je dois faire ceci »), mais plutôt avec une intention consciente.

Je suis une extravertie, j’aime m’exprimer, expérimenter mes idées à voix haute. Mais lorsque je me mets dans une posture d’amour et d’ouverture – que ce soit avec un client, un proche ou un étranger – je reste la même. Ce qui change, c’est mon intention : être là pour l’autre, dans le respect le plus pur.

Si écouter pour comprendre est un art, alors chacun peut y trouver sa forme : certains seront des techniciens brillants, d’autres plus intuitifs. Mais dans les deux cas, cet art ne prend tout son sens que lorsque l’intention de connexion véritable est au cœur.

Et vous, comment écoutez-vous ?

  • Quand avez-vous écouté, vraiment écouté, pour la dernière fois ?
  • Qu’est-ce qui vous retient d’abandonner votre besoin de répondre ?
  • Que pourriez-vous découvrir en laissant l’autre parler jusqu’au bout, sans jamais interrompre ?

Osez écouter autrement

Osez ralentir. Osez créer des espaces où les mots peuvent se déposer sans crainte. Osez écouter avec cette intention pure qui invite l’autre à exister pleinement. Parce que dans cet espace, quelque chose d’unique se passe : nous nous redécouvrons, nous reconnectons à notre humanité partagée.

Et si, en écoutant profondément, ce n’était pas seulement vos relations qui se transformaient, mais aussi votre façon de voir le monde ?

références et sources
Roxanne Tétreault, coach et facilitatrice chez B6douze, en veston turquoise
Roxanne Tétreault

Facilitatrice et coach en cohérence stratégique. Elle accompagne les équipes qui veulent réfléchir tout haut, ensemble.

à lire aussi
Ce que le Petit Prince savait de l’intelligence collective
25 août 2026
·
11 min
L’intelligence artificielle n’est pas neutre. L’intelligence artificielle amplifie.
4 août 2026
·
2 min
Le cadre libre
28 juillet 2026
·
2 min
services liés
100 jours
→

Une réflexion à partager ?