Récemment, j’ai eu des discussions fascinantes avec des gens autour d’un sujet qui peut sembler banal: l’écoute. Nous avons exploré cette idée que l’écoute active n’est pas nécessairement écouter pour comprendre. Bien des formateurs vous diront que c’est faux, qu’écouter activement, c’est toujours comprendre. Mais mon expérience, notamment à travers deux ans dans le programme élite de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, m’a appris le contraire. Et bien souvent, quand je l’explique, on écoute pour me répondre… J’ai découvert que la différence entre les deux est subtile, mais ô combien précieuse. Presque tous les coachs-entraineur de l’EEB que j’ai rencontrés ont insisté sur ce savoir-vivre – pas dans le sens de politesse, mais dans celui du partage, de la présence.
Et dans cette exploration, une vérité a émergé : écouter est un art. Un art d’une puissance immense. Pourtant, nous n’en saisissons pas toujours la portée. Entre l’écoute active et l’écoute pour comprendre, se cache une invitation à soi-même, à se connecter, s’inspirer, se transformer et grandir.
L’écoute active : un mouvement intentionnel
L’écoute active, c’est l’art de ne pas rester passif·ve dans une conversation. Il ne s’agit pas seulement d’entendre ce que l’autre dit, mais d’interagir avec ses mots, ses idées, ses émotions. C’est une danse où l’on cherche à clarifier, reformuler, valider. Ses principes, simples en apparence, peuvent transformer la qualité d’un échange.
Les principes fondamentaux de l’écoute active :
- Reformuler :
Montrer que l’on suit, que l’on comprend. Dire : « Si je comprends bien, tu veux dire que… » permet à l’autre de se sentir entendu·e, mais aussi de préciser. - Poser des questions ouvertes :
Stimuler la réflexion. Plutôt que « Es-tu satisfait·e ? », préférez : « Comment te sens-tu par rapport à ça? » - Valider les émotions :
Reconnaître l’expérience de l’autre, même sans être d’accord. Par exemple : « Ça semble frustrant » ou « Je comprends pourquoi ça te touche autant. »
Créer l’espace pour cette écoute :
- Présence totale :
Mettre distractions et jugements de côté. Soyez là, pleinement. - Réagir consciemment :
Par des gestes simples (hochements de tête, murmures d’encouragement), montrer que vous êtes engagé·e. - Respecter le rythme de l’autre :
Parfois, l’autre a juste besoin d’un peu de silence pour poser ses pensées.
Mais attention. L’écoute active peut devenir mécanique. Elle peut glisser dans une routine où l’on reformule, pose des questions, non pas par curiosité, mais par automatisme. Écoutez-vous pour répondre ou pour permettre à l’autre d’être pleinement entendu·e?
Et disons-le franchement : dans l’écoute active, nous écoutons souvent avec nos filtres, nos intentions, nos agendas. Ce n’est pas un mal en soi, et cette posture peut avoir ses limites. Car lorsque notre intention est centrée sur ce que nous allons dire ou faire ensuite, il est difficile de laisser pleinement l’autre exister.
Écouter pour comprendre, c’est autre chose. Ce n’est pas seulement entendre les mots, mais chercher à résonner avec l’autre, à capter ce qui se cache derrière les mots et même les silences. C’est une écoute vulnérable, humble, et profondément humaine. Une écoute qui invite à être avec l’autre, sans autre objectif que de comprendre.